François Villon   1431-1463  /  La Maurache


Le Paris de François Villon | Ballades au XVeme siècle | Les Écrivains & la Musique







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Muza AL/EN 2005 02

2005
[70:21]












LA GUERRE DE CENT ANS

1. Le Carillon de Vendôme   [1:35]   (v. 1422?)  |  Carillon du beffroi de Douai

2. Agincourt carol: Deo Gratias Anglia   [2:32]   (v. 1415)

3. Reveillez-vous picards   [2:07]   (v. 1479-80)

4. Mon bien, ma joye   [1:57]   Robert MORTON (1445-1497)



PARIS AU XVème SIÈCLE

5. Carillon   [0:47]   Évocation de "Paris, la ville aux cent clochers"

6. Ballade des femmes de Paris   [2:54]   François Villon / EGIDIUS (fin XIVème-début XVème)

7. Basse-dance   [3:01]   J. Skowron d'après un ténor de Robert MORTON

8. O tu Cité   [4:43]   Eustache Deschamps (1346-1406) / Hayne van GHIZEGHEM (1447-1497)



FRANÇOIS VILLON

9. Fa, Fa, Mi, Fa - Ut, Re, Mi, Ut    [1:45]   Manuscrit de Las Huelgas, fin du XIVème   Hu  177

10. Ave Regina   [3:01]   motet a la Vierge  |  Gilles BINCHOIS (1400-1460)

11. J'ay bien choisi   [3:24]  Basse-dance instrumentale  |  Hayne van GHIZEGHEM

12. Triste plaisir et douloureuse joye   [3:55]   Basse-dance chantée  |  manuscrit de Bayeux

13. Jenin l'Avenu   [1:44]   Rondeau  |  François Villon / J. Skowron d'après un rondet de carole

14. Saltarello. Triste plaisir   [2:18]

15. Carillon   [1:11]   Basse-dance d'après une hymne liturgique à Sainte Cécile

16. Deuil angoisseux   [8:43]   Christine de Pisan (1363-1431) / Gilles BINCHOIS

17. Mors J'appelle   [4:21]   François Villon / Jean DELAHAYE (XVème)

18. N'aurai-je jamais mieux   [2:43]   Chanson en basse-dance  |  Robert MORTON

19. Carillon   [1:38]   Canon d'après "Le haut et le bas", basse-dance du Livre de Marie de Bourgogne

20. Ce sont varlets de Vire   [4:34]   Manuscrit de Bayeux

21. Au retour de dure prison   [3:06]   Chanson en rondeau  |  François Villon / Hayne van GHIZEGHEM

22. Repos éternel donne à cil   [4:15]   Verset o rondeau pour suivre son épitaph  |  François Villon / Gilles BINCHOIS

23. Lamentatio Sanctae Matris Ecclesiae Constantinopolitanae   [3:22]   Motet de Guillaume DUFAY (1400-1474)   LSMEC

24. Carillon   [0:41]   Glas












Les Musiciens de la Maurache:

Julien Skowronviéles à archet, violes, ténor
Xavier Terrasaflûtes, chalemie, cromornes, ténor
Maxime Fioranipercussions, cromornes, tintinnabulum, basse
Kleber Bessonluths, guitare maurache, quitra

Les Musiciens invités: chanteurs:
Hélène Decarpignies — soprano
Jeanne-Sarah Deledicq — alto
Nicolas Lhoste — ténor

Instrumentistes:
Séverine Bessonharpe
Alexandre Levyorgue positif, virginal
François Feydersacqueboute
Frédéric Malmassoncornet bouquin, flûte, basse
Stefano Colletticarillon du beffroi de la ville de Douai



Enregistrement réalisé dans les églises de Chaourse et de Dohis, Aisne (Septembre 2002)
Prise de son Damien Fiorani - Xavier Terrasa (Carillon /Douai)
Montage, mixage Xavier Terrasa
Studio "Le 3 " Aubervilliers
Mastering Adrien Jung
Direction artistique, conception, orchestrations, arrangements et musicologie, Julien Skowron


LA MAURACHE est un ensemble vocal et instrumental
composé de spécialistes des musiques du Moyen Age et de la Renaissance.
Elle prend pour modèles les soirées
qui se donnaient chez les seigneurs ou dans certaines abbayes (puys, lectures, bals...),
et se présente comme un ensemble de Cour, enrichi d'éléments populaires.
La Maurache a été fondée en 1976 par Julien Skowron.
Depuis, elle s'est produite un peu partout dans le monde
et a enregistré plusieurs albums, en particulier sous le label Arion.


La Maurache est soutenue para la Pôle Musique et Danse,
Conseil Général des Hauts de Seine






English liner notes











LE PARIS DE FRANÇOIS VILLON

La plus grande ville d'Occident. Deux cent mille habitants, peut-être plus. Au sortir de la guerre de cent ans, Paris est de nouveau la ville vers laquelle convergent les dynamismes, les capitaux, les illusions aussi. Parmi les Parisiens, rares sont ceux dont le grand père était déjà sur les rives de la Seine. Étudiants ou hommes d'affaires viennent de toute l'Europe. Les artisans ont souvent leurs racines dans les villages de la proche région. Valets et servantes sont souvent venus de Normandie, de Picardie, voire de Bretagne ou de Champagne. En place de Grève comme aux Halles, on entend tous les dialectes, tous les accents. Sur le rive gauche que l'on appelle l'Université et qui sera un jour le quartier Latin, on parle latin dans les disputes universitaires, pas dans les tavernes où se retrouvent ceux dont le logis n'est fait que d'une soupente. Après la guerre, la capitale n'est plus ce qu'elle était avant. Le Roi n'est plus là. Il est quelque part dans le Val de Loire où les circonstances l'ont obligé à se réfugier et où il est resté par plaisir. Ni Charles VII ni Louis XI n'aiment Paris. La couronne y a de trop mauvais souvenirs. Les princes et les archevêques s'y font rares et d'autres tiennent le haut du pavé, les officiers du roi, les magistrats, les avocats et c'est l'opulence de la haute bourgeoisie qui l'emporte maintenant sur le luxe de l'aristocratie. Car ces "gens de robe", ces notables du Parlement, des Comptes, du Châtelet sont aussi, avec tous ceux qui les entourent, des clients. Les merciers, les pelletiers, les potiers d'étain, voilà donc les métiers où l'on fait, à cette heure, fortune.

Dans cette ville de clercs, dix à quinze mille jeunes attendent leur tour. Ils se voient déjà "maîtres", régents en Sorbonne ou médecins en ville, avocats à la cour ou comptables des finances royales. Beaucoup resteront en route car les places sont chères dans une capitale où la réconciliation des partis en guerre s'est faite en laissant à leur place ceux qui avaient servi Charles VII et ceux qui avaient servi le roi anglais dans le parti de Bourgogne. Bref, il y a du monde en surnombre. Et quand on a étudié en vain pendant des années, on ne revient pas en arrière pour un apprentissage de métier qu'il aurait fallu commencer à dix ans. Alors on persévère sans enthousiasme. Pour nombreuses qu'elles soient, les tavernes ne désemplissent pas. On y boit du vin, rarement du vin de Beaune ou d'Auxerre qui est cher. Parfois du vin de Suresnes, d'Argenteuil ou de Chaillot qui est excellent mais que les bourgeois gardent pour eux puisqu'ils possèdent les vignes. On boit du moins bon, ce vin des plates campagnes du sud parisien, qu'il faut parfois adoucir à la craie pour qu'il passe dans les gosiers. Et puis, on plaisante, quitte à ce que les farces d'étudiant tournent parfois à l'affrontement avec les sergents du roi et avec les bedeaux du recteur. On rêve des jolies femmes que l'on aperçoit dans la rue ou des braves filles qui passent les pots à la taverne. On chante aussi. L'auditoire est tout formé si l'un des buveurs se met à réciter des poèmes. Ceux des autres ou ceux qu'il improvise et qu'il mettra peut-être en forme quand il se retrouvera seul. Un chansonnier qui va de table en table...

C'est ainsi qu'il faut s'imaginer maître François de Montcorbier. Maître, cela veut dire qu'il a fait quelques études. Montcorbier, c'est le village de son pauvre homme de père. Le fils préfère se faire appeler Villon. Ainsi s'appelle le bon chanoine qui l'héberge en échange de quelques menus services. Le garçon a été enfant de chœur au pair... Il commence de se faire connaître. D'abord parce qu'autour des pots de mauvais vins, il a trouvé des amis. Bien sûr, il a fait tous les métiers depuis qu'il a renoncé aux brillantes carrières que d'autres trouvent et qui auraient exigé plus de zèle aux études. Il a été colporteur, souteneur, malandrin. Il a même tué un prêtre. Amoureux, il s'est fait rosser par les domestiques de la dame. Voleur, il n'a été que le bon à rien qui garde les manteaux au bas de l'échelle. Étudiant, il n'a retenu que quelques formules que, pour faire rire, il place dans ses chansons. Comme il connaît les usages, il rédige un testament où il lègue à tous ceux qui lui ont fait du bien ou du mal des biens et des places qu'il n'a pas.

Des ratés comme lui, il en est des milliers. Il est le seul peut-être qui ait du génie. Le seul qui, jouant avec les mots et les images, sache nous dire ce qu'il a dans le cœur. Le seul qui nous fasse pleurer quand, certain qu'on va le pendre, il avoue son ultime angoisse: qu'on ne se moque pas de lui, demain, quand il sera au gibet. Car il sait bien qu'il a ri, lui, quand les autres passaient dans la charrette... Au Parlement, on en a assez d'entendre parler de lui, Une nouvelle fois, il s'est fait prendre dans une méchante affaire, mais le pendre, c'est risquer de voir le rive gauche en effervescence. Pend-on un chansonnier connu du tout Paris qui parle et qui fredonne ? Alors, les juges se lavent les mains. Qu'il aille se faire pendre, mais ailleurs ! Villon est banni. Il quitte Paris. Nous ne le reverrons plus. Il avait trente ans. Sa santé était délabrée. La vie avait été dure avec celui qui se nommait lui-même "le pauvre Villon". Sans doute n'a-t-il pas fait de vieux os. Vingt-cinq ans plus tard, grâce à l'art nouveau de l'imprimerie, un libraire publie les poèmes dont on n'a même pas le manuscrit. Qu'importe : on les savait par cœur. A peine s'est-il éloigné du pavé de Paris que Villon entre ainsi, très vite et par la grande porte dans la littérature.

Jean Favier
Membre de l'Institut




LA MUSIQUE AU TEMPS DE VILLON

Les offices religieux étaient nombreux, et presque obligatoires. Tous ceux qui fréquentent l'église connaissent le fond de chant grégorien ou de plain-chant qui forme la base du rituel liturgique. Messes, vêpres, processions, fêtes étaient autant d'occasions de rencontres avec la musique chrétienne au XVème siècle. Dans les chapelles des cours, les cathédrales et églises importantes, lors des grandes célébrations, on pouvait entendre également des polyphonies fastueuses, bâties le plus souvent sur des teneurs"grégoriennes": messes, motets, pièces religieuses parfois accompagnées d'instruments, des grands Maîtres du moment: Binchois, Dufay, Ockeghem et bien d'autres...

La chanson polyphonique est l'équivalent profane du motet. Brillamment illustrée par les musiciens de la cour de Bourgogne, elle deviendra la référence de la musique courtoise. On dansera "aux chansons" chez les seigneurs, des basses dances stylisées (dansées "par le bas", c'est à dire à pas glissés et non sautés) qui, par leur structure fixe en "quaternions", leur rythme caractérisé et répétitif, leurs teneurs modales, permettent l'improvisation musicale, dont nous conservons de nombreux modèles écrits (Spagna). Le procédé du canon se répand à la faveur de pièces descriptives héritées de l'Ars Nova: caccia, chasses, qui contiennent l'idée de fuite (fuga), de poursuite.

La chanson populaire est rarement notée. Quelques manuscrits cependant en contiennent. On la retrouve également insérée dans certaines polyphonies savantes. Dans les tavernes, on chante toujours le répertoire des Goliards dont le succès dure depuis le XIème siècle. On adapte parfois les paroles au goût du jour. C'est grâce au théâtre liturgique et profane (Mystères, Miracles, Moralités, Farces, Jeux...) que la musique savante côtoie le peuple. On y utilise des refrains (timbres), connus de tous, qui peuvent être repris en choeur par le public, ainsi qu'une sorte de musique de scène faite de citations de pièces savantes.

La musique instrumentale se constitue à partir de transcriptions de chansons ou de pièces polyphoniques religieuses, de basses-dances, de pièces en fanfares, mettant en valeur les instruments à vent, très prisées des souverains pour leurs "entrées processionnelles" en leurs "bonnes villes". On commence à pratiquer la variation, à l'aide de "diminutions", de colorations diverses sur base de chanson ou de teneur liturgique.

On ne sait rien sur les rapports de Villon avec la musique bien qu'il y fasse souvent allusion dans son œuvre. En bon "escolier" il la pratique puisqu'elle fait partie du "quadrivium", base de l'éducation des clercs au moyen âge. Villon a aussi un peu fréquenté la noblesse (René d'Anjou, Charles d'Orléans...) pour qui musique et poésie allaient de pair. Il a probablement du entendre un peu de cette musique savante de son époque lors des rares passages qu'il fit dans les cours... Il connaissait bien la littérature de son temps: au travers du "Champion des Dames" de Martin le Franc (1440) du "Roman de la Rose", de l'oeuvre de Christine de Pisan, qui l'ont fortement influencé, Villon retrouve les rapports nettement affirmés entre poésie et musique.

On sait aussi que la musique était partout: jongleurs, ménestrels, musiciens étaient auprès des princes en leurs châteaux, des moines en leurs abbayes, sur la place publique lors des marchés et des foires, et même au moulin ou aux étuves...sans oublier les tavernes tant prisées par Villon. Mais si Villon est entré par la grande porte dans la littérature, son oeuvre poétique n'inspirera qu'assez tard les musiciens. Un seul compositeur de son temps: Jean Delahaye a mis en musique au moins un texte de Villon: "Mors j'appelle " [17], qui est un rondeau à forme fixe (AB-AA-AB-AB), ou lay, comme il s'en écrivait de nombreux en ce temps là, inséré dans le "Testament". Il faudra attendre la Renaissance pour que les musiciens s'intéressent à lui (Roland de Lassus), puis la période contemporaine (Brassens).

Il nous a donc fallu trouver la musique de son époque qui puisse porter son œuvre poétique... Sachant que Villon écrivait la plupart de ses "poésies diverses" selon les formes fixes en usage: ballade, rondeau, chanson...et qu'il existe par ailleurs de nombreuses pièces musicales du XVeme, bâties selon ces formes, destinées probablement à être chantées à l'origine, mais dont les textes ont été perdus, il suffisait de réunir: texte de Villon et pièces polyphoniques (sans textes). Et lorsque cela "collait" nous avons pu obtenir une chanson probable de Villon qui aurait pu être mise en musique de son temps. C'est ainsi que nous avons pu "reconstituer":

· "La ballade des femmes de Paris" [6], Villon /Egidius;
· La 2ème ballade sur Paris, "O tu, Cité" [8], Eustache Deschamps / Hayne van Guizeghem;
· "Jenin l'Avenu" [13], Villon / Rondeau de carole harmonisé par J. Skowron;
· "Au retour de dure prison" [21], Villon / Hayne;
· "Repos éternel" [22], Villon / Binchois.

Notre démarche, apparemment osée, s'inscrit dans la plus pure tradition mediévale du "timbre" unique sur lequel on place des paroles différentes. Musique authentiquement de l'époque de notre poète, habillée de quelques orchestrations, colorations pour lui rendre sa vie d'origine. Ainsi, sur les traces de Villon, sublime poète français, La Maurache propose ces ballades (ou balades) au XVème siècle, promenades dans le temps, mais aussi chansons (la ballade est une forme poétique et musicale typique de cette époque) en ce Paris médiéval.

Julien Skowron








COMMENTAIRES ET INSTRUMENTATIONS


La guerre de Cent Ans

1. Le Carillon de Vendôme (v. 1422 ?)
Air célèbre évoquant la situation de Charles VII, le "petit roi de Bourges", qui hérite d'un royaume réduit à peu...
Carillon du beffroi de Douai.

2. Agincourt carol, Deo Gratias Anglia (v. 1415)
Motet à la gloire des armées anglaises qui ouvrent le siècle par une victoire (Azincourt et prise d'Harfleur). Ce motet et la chanson suivante, marquent des étapes importantes de ce siècle troublé par des guerres incessantes.
2 sopranos, 2 altos, 2 basses, cornet, orgue, sacqueboute, luth, harpe.

3. Reveillez-vous picards (v. 1479-80)
Chanson historique ayant trait à la "guerre de cinq ans" pendant laquelle Maximilien d'Autriche vint s'opposer à Louis XI. Et où ses soudards, picards alliés des bourguignons, ne demandent qu'à en découdre avec les armées du roi de France.
Petit chœur d'hommes, cornet, 2 cromornes, sacqueboute, tambour.

4. Mon bien, ma joye. Robert Morton (1445-1497)
Pièce à trois voix, sans texte, traitée ici comme une fanfare (alta) en forme de basse-dance.
Cornet, chalemie, sacqueboute, tambour.


Paris au XVème siècle

5. Carillon
Evocation de "Paris, la ville aux cent clochers". "Es clochiers fu la sonnerie, Et longue, et grant, et merveilleuse".
Carillon.

6. Ballade des femmes de Paris. Villon / Egidius (fin XVème-début XVème)
"Il n'est bon bec que de Paris". Célèbre éloge de la langue et de la verve des femmes du peuple parisien. Plusieurs musiciens sont présentés sous le nom d'Egidius...
2 sopranos, 2 ténors, cornet, vièle, luth, harpe, orgue.

7. Basse-dance. J. Skowron d'après une teneur de R. Morton.
Evocation des premiers tziganes à Saint Denis en 1427. "Certains parisiens allèrent les voir, tous en parlèrent" (J.F.). Ils illustrent avec les jongleurs, les artistes ambulants, "têtes pittoresques", la "population flottante" de Paris.
Vièle, luth-percussion, darbouka, mains.

8. O tu Cité. Eustache Deschamps (1346-1406) / Hayne van Guizeghem (1447-1497).
"Riens ne se puet comparer à Paris". Une superbe ballade à la gloire de Paris, d'E. Deschamps, disciple et peut être parent de Guillaume de Machaut, que la musique de Hayne soutient à merveille.
Ténor, cornet, dessus de viole, luth, orgue.


François Villon

9. Fa, Fa, Mi, Fa / Ut, Re, Mi, Ut. Manuscrit de las Huelgas, fin du XIVème siècle.
Une "solmisation" ou sorte de "solfeggietto", à la fois "scolastique" et humoristique, tel qu'on les pratiquait depuis Guy d'Arezzo (+ v. 1050). La musique au temps de Villon, faisait partie du "quadrivium" avec l'arithmétique, la géométrie et l'astronomie et était considérée comme une science avant d'être un divertissement. Il se peut que Villon ait dû ânonner ce genre d'exercice !
2 ténors, orgue, tintinnabulum.

10. Ave Regina. Motet à la Vierge, Gilles Binchois (1400-1460)
Pour illustrer la ballade que Villon fit à sa mère pour prier Notre Dame : "Dame du Ciel, Régente terrienne, Emperière des infernaux palus, Recevez-moi vostre humble chréstienne... En cette foy, je vueil vivre et mourir."
2 sopranos, 2 ténors, cornet, orgue, luth, harpe, sacqueboute, viole ténor.
(Les notes étranges que l'on peut entendre dans la partie instrumentale centrale figurent bien dans le manuscrit).

11. J'ay bien choisi. Basse-dance instrumentale, Hayne.
C'est la métamorphose en basse-dance de la mélodie principale, des harmonies de base du N° 8. La basse-dance était la danse noble par excellence. Noblesse, toujours souhaitée, jamais atteinte par Villon.
Vièle, virginal, luth, harpe.

12. Triste plaisir et douloureuse joye.
Basse-dance chantée du manuscrit de Bayeux (XVème) dont l'antinomie exprimée dans le texte rappelle le style et les propos du Roman de la rose, aux influences toujours vivaces au XVème siècle, et qui inspirera Villon et Alain Chartier.
Petit chœur d'hommes, ténor solo, flûte, vièle, luth, orgue, harpe, tambour.

13. Jenin l'Avenu. Rondeau, Villon / J. Skowron d'après un rondet de carole.
"Jenin (ou Jeannin), c'est le cocu traditionnel. L'avenu, c'est celui qui survient au mauvais moment. Les étuves sont le lieu ou l'on se baigne, le lieu aussi où l'on trouve des filles" (J.F). Villon, sous les traits de Jenin est-il un cocu ou un losengier-voyeur ?
Petit choeur d'hommes, vièle, guitare mauresque, flûte, tambour.

14. Saltarello, Triste plaisir, d'après la teneur de la chanson de G. Binchois sur un texte d'A. Chartier.
"Villon se voit dans le miroir qu'il tend... Triste coeur, ventre affamé...l'écartent de la gent courtoise... (J.F.). "Car la danse vient de la panse ! "
guitare mauresque, vièle, chalemie, tambour.

15. Carillon. Basse-dance d'après une hymne liturgique à Sainte Cécile.

16. Deuil angoisseux. Christine de Pisan (1363- 1431) / Gilles Binchois.
Ch. de Pisan était une courtisane, comme E. Deschamps et A. Chartier. Un très beau texte d'amour que met en valeur la musique de G. Binchois. On est loin de "La Grosse Margot" de Villon !
Soprano, dessus de viole, flûte, luth, orgue.

17. Mors J'appelle. Villon/Jean Delahaye (XVème)
"Villon et ses contemporains n'ont pas grand-peine à songer au destin commun des hommes... Il en appelle de la Mort. Au vrai, il accuse. nomme est seul face à la faux ! " (J.F.). Delahaye a été au service du Duc de Luxembourg, et de passage en France vers 1443 où il a peut-être rencontré Villon ? On sait peu de choses sur ce musicien dont seulement cinq chansons nous sont parvenues.
Ténor, vièle, virginal, harpe, luth.

18. N'aurai-je jamais mieux: chanson en basse dance. Robert Morton.
Chanson courtoise de ce compositeur anglais, au service des ducs de Bourgogne, grand ami de Hayne. Toujours la Cour inaccessible à Villon...
Soprano, cornet, guitare mauresque, dessus de viole, sacqueboute.

19. Carillon.: Canon d'après "Le haut et le bas", basse-dance du" Livre de Marie de Bourgogne".
Annonciateur d'un néfaste destin: "Saturne aurait chargé le fardelet du Pôvre Villon d'un outrageux maleur..."

20. Ce sont varlets de Vire. Manuscrit de Bayeux.
Chanson au texte un peu incompréhensible qui met en scène des "varlets de Vire", originaires de Normandie comme ceux qui se louaient dans Paris (voir J.F.). Villon a pu connaître certains d'entre eux lorsqu'il a fréquenté les "coquillards" comme ce Colin de Cayeux "dont l'amboureux lui rompit le suc" (dont le bourreau lui rompit le col). C'est vers cette fin tragique que Villon se dirige. Il sera condamné à mort en 1462, puis banni de Paris en 1463. On perd alors sa trace.
Chœur d'hommes, luth, virginal, cornet, sacqueboute.

21. Au retour de dure prison. Chanson en rondeau. Villon / Hayne
"Ecrit l'ai l'an 61 lorsque le roi me délivra De la dure prison de Meung Et que vie me recouvra". Louis XI a probablement ignoré qu'il rendait sa liberté à Villon ! (J.F.).
Ténor, harpe, luth, violes.

22. Repos éternel donne à cil. Verset ou rondeau pour suivre son épitaphe. Villon / G. Binchois
"Villon meurt de l'Injustice, de la Félonie... Exilé, prisonnier... Villon a dit ce qu'il avait à dire. Il hausse les épaules !.. Requiem eternam dona ci, se combine avec la fièvre génératrice de mirages, pour brouiller notre entendement" (J.F.).
Ténor, dessus de viole, orgue, luth.

23. Lamentatio Sanctae Matris Ecclesiae Constantinopolitanae. Motet. Guillaume Dufay (1400-1474).
Déploration sur la disparition de l'Église de Constantinople à la suite de la prise de la ville par les turcs en 1453. C'est la fin d'un monde. Pièce musicale majeure pour un moment capital de l'histoire. L'Église Chrétienne d'Orient, abattue, y est décrite comme une "Mère ésplorée ", image de la Vierge Marie, souffrant de la mort de son fils, et s'adressant à Dieu le Père, pour qu'il voit son martyre et écoute sa plainte. La musique de Dufay y est poignante, empruntant sa teneur en latin à l'Office des Morts.
2 sopranos, 2 ténors, 3 basses, orgue, luth, sacqueboute, cornet, harpe, viole ténor.

24. Carillon. Glas

(J.F.) : citations empruntées à Jean Favier













THE PARIS OF FRANÇOIS VILLON

It's the most important city in the occidental world, with two hundred thousand inhabitants, if not more. At the end of the Hundred Years War, Paris is once again the city upon which converge dynamics and capital, not to mention illusions. Rare is the Parisian who can boast that his grandfather lived on the banks of the Seine. Students and businessmen come from all over Europe. Artisans can trace their roots to local villages. Valets and servants often come from Normandy, Picardy, even from Brittany or Champagne. In the Place de Grève, as in Les Halles, every sort of dialect, every sort of accent can be heard. On the Left Bank, now called the University, and which will one day be known as the Latin Quarter, University disputes are carried on in Latin, although not in the taverns, where people can also be found who have barely a roof over their heads. Since the war, the Capital is not what it once was. The King is no longer in the city. Forced by circumstances to seek refuge, he is somewhere in the Loire Valley, where he remains by choice. Neither Charles VII nor Louis XI liked Paris. The Crown has too many dark memories. Princes and bishops are rarely there, and other notables are not much in evidence: the King's officers, the judges, and the lawyers. Now opulence comes from the upper middle class, which overshadows the luxury of the aristocracy. Because these "gens de robe", the highly-placed members of Parliament, of the Exchequer and of the Châtelet are also, along with their followers, clients. The haberdashers, furriers and artisans in pewter are the ones who thrive and flourish at this time.

In this city of clerks, ten or fifteen thousand young people are awaiting their turn. They already see themselves as masters; regents at the Sorbonne or physicians in the city, lawyers at court or accountants of the royal finances. Many will fall by the wayside, as positions are hard to obtain in a capital where the reconciliation of those who went off to fight the war has left their places to be filled by those who served Charles VII and those who were loyal to the King of England, in the Burgundy party. In short, there's an overabundance of those seeking fortune. And, after years of study for nothing, it's impossible to go back to an apprenticeship for a profession which should have begun ten years earlier. So they go on hopelessly. So however many taverns there are, they are always full. Wine is there to be quaffed, rarely that of Beaune or Auxerre, which is dear. Sometimes wines from Suresne, from Argenteuil or Chaillot, which is excellent, although the upper middle classes keep it mostly for themselves, as they own the vineyards. But not all the wines are inferior. Those of the plains south of Paris go down well, after being sweetened to counter the inherent chalk deposits. And there are the fun and games, with certain practical jokes becoming clashes with the King's officers or the Rector's beadles. There are dreams of lovely ladies seen passing in the street, or when the young wenches in the tavern serve the customers. And one can sing. There is a ready audience the moment anyone starts to declaim verses, either someone else's, or his own improvisation, and the improviser can polish his output once he is alone. Or a street singer going from table to table.

And it is thus we can imagine Master François de Montcorbier. "Master", meaning he has done some study, Morcorbier being his father's humble village. The son by preference calls himself Villon, named in honour of the Canon who had taken him in, in exchange for a few odd jobs. As a child, he had been an "au pair" choirboy. He is beginning to be known. At first amid the jugs of low-class wines, he has made friends. Certainly he has turned his hand to every trade, after turning his back on the brilliant career that others achieve, but which would have needed more zealous study habits. He has been a hawker, a procurer, and a brigand. He has even killed a priest. As a lover, he has been thrashed by his lady's lackeys. As a thief, he has been a mere good-for-nothing, guarding coats at the bottom of the ladder. As a student, he has retained a few literary formulas he has put in his songs for comic effects. With knowledge of the customs, he has drafted a Will bequeathing good things to his well-wishers, and bad to illwishers.

Such failures are legion. Of them all, he is the only one perhaps, with genius. The only one who, playing with words and images, knows how to tell us what is in his heart. The only one who can make us weep when, certain to be hanged, he expresses his final anguish: that no-one should laugh at him the next day on the gallows. He well knows they might, as he has mocked others who passed by in the fatal cart. In Parliament, they've heard more than enough about him. Once again he's been mixed up in a shady affair. But hang him, and they might risk the uprising of the entire Left Bank. Hang a songster known to all Paris, who speak and hum his verses ? So the judges wash their hands. Let him go hang, but somewhere else ! Villon is banished. He leaves Paris, and we hear no more of him. He was 30 years old, and his health was already ruined. His life had been hard; he called himself "Poor Villon". Without a doubt he did not live to make old bones. Twenty- five years later, thanks to the new art of printing, a bookseller published his poems, without a manuscript. No matter, they knew his verses by heart. François Villon had hardly left the cobblestones of Paris before, very swiftly and by the main gate, he entered the world of literature.

Jean Favier
Member of the Institut de France




MUSIC AT THE TIME OF VILLON

There were a lot of religious services, which were almost "compulsory". All the people who went to church often heard and were familiar with the Gregorian or plainchant that formed the musical background of the sacred rituals. Masses, vespers, processions, all the many and varied religious festivals were an excuse for the numerous chants practised in the Christian church in the fifteenth century. In the chapels, in the courts, the cathedrals and main churches, during the course of important celebrations, elaborate polyphony was to be heard. Most often these were based on the Gregorian teneurs (melodic lines). There were masses, motets, and sacred pieces, sometimes with instrumental accompaniment, all by the great masters of the time: Binchois, Dufay, Ockeghem and many others.

Polyphonic song was the secular equivalent of the motet. It soared in popularity, was brilliantly illustrated by the musicians of the Burgundian Court, and became the model for courtly music. At the courts of the nobles, songs were often used for dancing. These were the stylised basse -dances (dances "from below", the foot sliding rather than skipping). By their fixed forms in "quaternion", their characteristic repetitive rhythm and their modal melodies, they encouraged musical improvisation, of which quite a few written examples have survived (Spagna). The canon form spread, favouring descriptive pieces inherited from the Ars Nova: the caccia, or chase, based on the idea of flight (fuga) and pursuit.

Folksong was rarely noted down but was handed down orally. Not much of it is known, although several manuscripts contain some. Folk themes can also be found inserted into distinguished and learned polyphonies. In the taverns, the repertoire of the Goliards (witty diatribes of itinerant students) was still sung. The success of these songs, which dated from the eleventh century, was undiminished, and the words could always be adapted to the taste of the day. It was also thanks to liturgical and profane theatre (Mysteries, Miracle plays, Moralities, Farces, Games) that learned music reached the people. Refrains (timbres) were used which everyone knew, and could therefore be sung by the public in chorus. Rather like incidental theatrical music adorned with quotes from classical pieces.

Instrumental music was based on transcriptions of songs or sacred polyphony, from basse-dances, either written or improvised, or from fanfares to show off the wind instruments. Sovereigns, who used them to herald their "processional entries" into their "good towns", particularly appreciated the latter. Now variations on the songs or the melodic lines of sacred music were starting to develop, in the form of "diminutions" or changes in colouring.

Nothing is known about the relationship of Villon to music, although he often alluded to it in his writings. As a onetime student, he must necessarily have practiced it, as it was an integral part of the "quadrivium", the educational basis of clerks in the Middle Ages. In any case, Villon was sometimes amongst the nobles of the time (René d'Anjou, Charles d'Orléans, etc.) for whom music and poetry went together. He must have heard some of the more erudite music of the era during his infrequent stays in the courts. His many literary citations and his reading also demonstrate that he knew the liturature of his time. Its influence is quite obvious in his own works."Le Champion des Dames" (The Champion of the Ladies) by Martin le Franc (1440) the "Roman de la Rose" (the Romance of the Rose), and the work of Christine de Pisan, influenced him strongly. Thus Villon's relationship to both music and poetry stands out dearly.

We know as well that music was everywhere: jugglers, buskers and musicians were to be found wherever there was any sort of social activity. Amid princes in their castles, monks in their abbeys, in the streets during markets and fairs, and even around the mills and the public baths. And of course music was in the taverns so beloved of Villon. In fact it would have been difficult to avoid! If Villon, it entered literature by the main gate, according to Jean Favier, it is only recently that his poetry has influenced musicians. Only one composer of his era, Jean Delahaye - and this we have discovered only lately - used at least one text of Villon's: "Mors j'appelle" [17], which is a fixed-form rondo (AB-AA-AB-AB), or lay, inserted into "The Testament" (Last Will), as if it were one of many he had composed at that time. Afterwards, it wasn't until the Renaissance that musicians showed any interest in Villon (Orlando Lassius), and then in our era (Brassens).

We wanted to find some music from Villon's time to which we could fit his poetry. We knew that, on the one hand, Villon wrote most of his "poesies diverses" in the standard forms of his day: ballad, rondo, and song. On the other hand there are, in the musical manuscripts of the fifteenth century, quite a few pieces composed according to these forms that were most likely originally meant to be sung, but whose words have been lost. What we needed was to unite a Villon text (without music) with a polyphonic song (which no longer had a text). And when these came together, we had a "probable" song that Villon could have put to music in his time. And that is how the songs have been reconstituted.

· "La ballade des femmes de Paris" [6], Villon /Egidius;
· The second ballad about Paris, "O tu, Cité" [8], Eustache Deschamps / Hayne van Guizeghem;
· "Jenin l'Avenu" [13], Villon / A carol rondo harmonised by J. Skowron;
· "Au retour de dure prison" [21], Villon / Hayne;
· "Repos éternel" [22], Villon / Binchois.

To be honest both historically and musicologically, we wanted to explain our method of approach. This is in the purest tradition of a single "timbre", upon which different words are placed. There is no lack of examples of this in medieval music. Authentic music from the time of our poet, robed in a few orchestrations and adaptations, is indispensable colouring to give Villon back his life as it once was. And thus, following the trail of François Villon, sublime French poet, La Maurache is proposing not only ballads of the fifteenth century, which allow us to enter that era, but songs as well (the ballad being a typical form of music of the time). All this in the medieval Paris François Villon, fifteenth century poet, accursed and terribly human.

Julien Skowron








COMMENTS AND INSTRUMENTATION


The Hundred Years' War

1. Le Carillon de Vendôme (The Vendôme Chimes) (c. 1422?)
A well-known song about Charles VII and his situation; "The little King of Bourges" who inherited quite a reduced kingdom: Bourges.
Chimes from the Douai bell tower.

2. Agincourt carol, Deo Gratias Anglia (c. 1415)
A motet glorifying the English armies, victorious at the beginning of the century (Agincourt and the taking of Harfleur). This motet and the following song underline important stages in a century troubled with constant wars.
2 sopranos, 2 altos, 2 basses, cornet, organ, sackbut, lute, harp.

3. Reveillez-vous picards (Awake, Picards) (c. 1479-80)
A historic song which deals with the "Five years' war", when Maximilian of Austria came up against Louis XI. Where the Soudards, fighters from Picardy allied with Burgundy, wanted nothing better than to fight the French King's army.
Small men's choir, cornet, 2 crumhorns, sackbut, drum.

4. Mon bien, ma joye (My beloved, my joy). Robert Morton (1445-1497)
A piece in 3 voices without text, here treated as a fanfare (alta) in the form of a basse-dance. Cornet, chalemy sackbut, drum.


Paris in the XV Century

5. Carillon (Chimes)
An evocation of "Paris, the city of a hundred bell towers" "The bells sounded, Long, grand, and marvellous".

6. Ballade des femmes de Paris. Villon / Egidius (end of the XIVth, beginning of the XVth)
Only in Paris can we find a true whiplash tongue. A famous tribute to the language and verve of the women of the Paris populace. Several musicians are presented here, under the name of Egidius.
2 sopranos, 2 tenors, cornet, viele, lute, harp, organ.

7. Basse-dance. J. Skowron, based on a theme by R. Morton.
An evocation of the first Gypsies in Saint Denis in 1427."Some Parisians went to see them, talking all the time" (J. F.) They stand out along with the jugglers, the roving artists, "picturesque heads" and the floating population of Paris.
Viele, lute-percussion, darbouka-drum, hands.

8. O tu Cité. Eustache Deschamps (1346-1406) / Hayne van Guizeghem (1447-1497).
"Nothing can compare with Paris". A superb ballad to the glory of Paris, by E. Deschamps, a disciple and possibly a relative of Guillaume de Machaut, much enhanced by de Hayne's music.
Tenor, cornet, bass viol, lute, organ.


François Villon

9. Fa, Fa, Mi, Fa / Ut, Re, Mi, Ut. A manuscript from Las Huelgas, end of the XIVth.
A "putting into solfege", at the same time scholastic and humorous, as had been done since Guido d'Arezzo (after1030). Music at the time of Villon was part and parcel of the "quadrivium", along with arithmetic, geometry and astronomy, and was considered to be a science, rather than entertainment. It could be that Villon himself had to mutter, over and over again, this type of exercise !
2 tenors, organ, tintinabulum.

10. Ave Regina (Hail Mary). Motet to theVirgin. Gilles Binchois (1400-1460)
To illustrate the ballad that Villon wrote for his mother to pray to Our Lady: "Lady of Heaven, Regent of the earth, Empress of the infernal swamps, Receive your humble Christian, In this faith, I would live and die."
2 sopranos, 2 tenors, cornet, organ, lute, harp, sackbut, tenor viol.
(The "strange" notes we can hear in the central instrumental section are direct from the original manuscript.)

11. J'ai bien choisi (I've chosen well)
This is an adaptation into a basse-dance taken from the main melody and the base harmonies of Nº.8. The basse-dance was the most elegant of dances, danced only by the nobility. A nobility which Villon always longed for, but never attained.
Viele, virginal, lute, harp.

12. Triste plaisir et douloureuse joye (Sad pleasure and painful joy)
A basse-dance sung from the manuscript of Bayeux (XVth) Where the antinomy expressed in the text recalls the style and premise of the Romance of the Rose, whose influence was still strong in the XVth and which inspired Villon and Alain Chartier.
Small men's choir, tenor solo, flute, viele, lute, organ, harp, drum.

13. Jenin l'Avenu. Rondo, Villon / J. Skowron , from a roundelay.
"Jenin" is the traditional cuckold. The avenu is the one who always arrives at the wrong moment. The étuves are the public baths, and also where one can meet pretty girls" (J. F.) Is Villon, in the guise of Jenin, a cuckold or a lovers' lookout looking in ?
Petit choeur d'hommes, viele, Moorish guitar, flute, drum.

14. Saltarello, Triste plaisir. From the main theme of the song by G. Binchois, to a text by Alain Chartier.
"Villon looks at himself in the mirror ... Sad heart, famished stomach...excluded by the nobility"...(J.E) "Dancing requires a full stomach!"
Moorish guitar, viele, chalemy, drum.

15. Carillon (Chimes). A basse-dance based on a sacred hymn to Saint Cecilia.

16. Deuil angoisseux (Anxious sorrow). Christine de Pisan (1363- 1431) / Gilles Binchois.
ike E. Deschanps and A. Chartier, Ch. de Pisan was a member of the court. A beautiful love poem, which enhances the music of G. Binchois. This is a far cry from "La Grosse Margot" (fat Margot) by Villon!
Soprano, viola da gamba, flute, lute, organ.

17. Mors J'appelle (Death, I appeal against you). Villon/Jean Delahaye (XVème)
"Villon and his contemporaries had no difficulty in thinking about man's common destiny. They were appealing against Death, actually accusing it, as in court. Man is alone when confronted by the scythe!" (J. F.) J. Delahaye had been in the service of His Grace, the Duke of Luxembourg, and, passing through France around 1443, might he not have met Villon? We know little about this musician, from whom only 5 songs have survived.
Ténor, viele, virginal, harp, lute.

18. N'aurai-je jamais mieux (Shall I never have better). A song put into basse-dance, Robert Morton.
A courtly song by this English composer in the service of the Duke of Burgundy, a close friend of Hayne. Still and always the Court, inaccessible to Villon.
Soprano, cornet, Moorish guitar, viola da gamba, sackbut.

19. Carillon (Chimes).
Canon based on "Le haut et le bas" (The high and the low), a basse-dance from the "Livre de Marie de Bourgogne" (Book of Mary of Burgundy). Harbinger of a dark destiny, Saturn (the Evil One), loaded "Pôvre Villon's fardelet" (poor Villon's small burden) with an untimely and ill-fated end.

20. Ce sont varlets de Vire (They're valets of Vire). From a Bayeux manuscript.
Song with a slightly odd text, which depicts the "Valets of Vire", from Normandy, who were so happy to be in Paris. (J. F.). Villon most likely was acquainted with these near criminal types, like Colin de Cayeux, who was "topped by the hangman" (died on the gallows). It is towards this tragic end that Villon was heading. Condemned to death in 1462, he was banished from Paris in 1463. Afterwards, we lose trace of him.
Men's choir, lute, virginal cornet, sackbut.

21. Au retour de dure prison (On return from harsh prison). Song as a rondo. Villon / Hayne
"It was in the year 60 and one When the King delivered me From the harsh prison of Meung And gave me back my life." "Louis XI was probably unaware that he had freed Villon!" (J.F.).
Tenor, harp, lute, viols.

22. Repos éternel donne à cil (Grant him eternal rest).
Small verse or rondo to follow his epitaph. Villon/Binchois.
"Villon dies because of Injustice and Felony. Exiled, a prisoner, Villon stated what he had to say. He no longer cared ! Requiem eternam dons ci (grant him eternal rest, from the Requiem Mass), is combined with feverish visions, confusing our perception" (J.F.).
Ténor, dessus de viole, orgue, luth.

23. Lamentatio Sanctae Matris Ecclesiae Constantinopolitanae. Motet. Guillaume Dufay.
A lament for the disappearance of the Church of Constantinople, which followed the taking of the city by the Turks in 1453.
2 sopranos, 2 ténors, 3 basses, orgue, luth, sacqueboute, cornet, harpe, viole ténor.

24. Carillon (Chimes). Glas (Knell)

(J.F.): quotes borrowed from the works of Jean Favier









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