Minnesänger, Troubadours, Trouvères
Ensemble Perceval





medieval.org
Arte Nova Classics 74321 58968

1998


A wide spectrum of court lyric poetry from the north to the south of Europe, incorporating the various languages, the various genres, as used by the poets of 12th and 13th century feudalism. Here is the expression of the art of living offered in its entire originality by the Ensemble Perceval de Paris.




1. Cerveri de Girona. Aisso es viadera  [1:47]
2. Bernart de Ventadorn. Quan l'erba fresc'  [5:36]
3. Jaufre Rudel. Lanquan li jorn  [7:24]   —   versions
4. Raimbot de Vaqueiras. Era'm requier  [4:22]
5. Rei D. Sancho. Ay eu coitada  [1:45]
6. Martin Codax. Mia yrmana fremosa  [2:19]   ca III
7. Neidhart von Reuental. Mirst von herzen leide  [2:33]
8. Richard I 'Lionheart'. Ja nuls om pres  [5:08]
9. Alfonso X el Sabio. Maravillosos  [4:15]   CSM 139
10. Perrot de Belmarchais. Douce Dame  [4:47]
11. Charles d'Anjou. La pius noble emprise  [5:32]
12. Neidhart von Reuental. Wol dir liebe summerzeit  [2:44]
13. Anonymous. Volez vous que je vous chant  [2:21]
14. Blanche de Castille. Amour ou trop tard  [5:28]
15. 'Pseudo-Neidhart'. Meienzit  [5:32]
16. Neidhart von Reuental. Winter wie ist nu dein kraft  [2:42]
17. Walther von der Vogelweide. Nu alrest lebe ich mir werde  [5:19]
18. Neidhart von Reuental. Sinc eyn gulden boen  [3:34]





ENSEMBLE PERCEVAL
Katia Caré and Guy Robert

Katia Caré, voice, gemshorn
Jean-Paul Rigaud, voice, bowed citole
Alain Barré, medieval flutes
Domitille Kriegel, medieval fiddle
Guy Robert, medieval lutes and harps, guitars
Vincent Richard, percussion, psalterion
Christophe Tellart, bagpipe, medieval pipes and hurdy gurdy



Perceval est né d'une rencontre entre musiciens et comédiens. Ensemble, ils ont réalisé une approche littéraire et musicologique sur le Moyen Age. Cette étude a conduit à la réalisation de concerts et de spectacles joués dans le monde entier: le jeu de Robin et Marion, le Conte du Graal, Tristan et Iseut, le tournoi des dames ... Groupe de recherche, il est composé actuellement de chanteuses, de chanteurs et d'instrumentistes qui participent, en fonction de leur spécialisation, l'élaboration de programmes qui vont des liturgies primitives aux grands polyphonistes du 15ème siècle. Dans ce parcours, les directeurs du groupe, Katia Caré et Guy Robert, ont mis l'accent sur la lyrique courtoise des 12ème et 13ème siècles, poésie dont la théâtralité et la liberté d'expression ont des échos étrangement modernes. Katia Caré et Guy Robert sont également professeur de musique médiévale dans une école nationale de musique.


Perceval came into being from a meeting of musicians and actors. As an ensemble they approach the Middle Ages from its literary as well as its musical side. Their intensive studies led to the offering of concerts and mixed programmes of entertainment throughout the world: such as the story of Robin and Marion, the fairy tale of the Grail, Tristan and Isolde, and the Ladies' Tournament. The research society currently comprises singers and instrumentalists who work on programmes in their own specific fields, ranging from repertoires of the simple Medieval liturgies to the great masters of polyphonic music of the 15th century. The artistic directors of the group, Katia Caré and Guy Robert, are extremely dedicated to the court lyric poetry of the 12th and 13th centuries—the poetry, its theatricality and freedom of expression which seems curiously modern. Katia Caré and Guy Robert are also engaged as professors for medieval music at the Ecole Nationale de Musique.




© + ℗ 1998 ARTE NOVA Musikproduktions GmbH
Distributed by the Local BMG Company
A Unit of BMG Entertainment


Producer: Wulf Weinmann
Recording: April 3-5, 1998, Abbaye de Seuilly (Touraine)
Recording Producer & Artistic Director: Guy Robert
Sound Engineer & Editing: Jean-Michel Davy, Ateliers du Frêne
CD Mastering: Alcyon Music, Paris
Cover Photo: Verkehrsverein Landshut
Text: Guy Robert
Translation: Stephanie Schroedter (German), Lawrence Brazier (English)
Editor: Brigitte Weinmann
Typesetting & Layout: Selke Verlag Salzburg, Graphics Division





English liner notes









Initiée par les troubadours à la fin du 11ème siècle, la lyrique courtoise va, dès le 12ème siècle se répandre dans toute l'Europe. Son développement correspond à une nécessité culturelle dans une féodalité à son apogée qui cherche à avoir sa propre culture, laïque, indépendante du latin et du clergé et sa propre langue. Les alliances entre grandes familles d'Europe vont amplement contribuer à ce phénomène.

Cette poésie seigneuriale va s'articuler principalement autour de la «Fin'amor» et de la «Cortezia». A sa suite «Amour Courtois» et «Minne» vont concourir au développement d'un jeu qui permet de montrer sa bonne éducation et de définir un art de vivre fait de raffinement et d'élégance.

A ce jeu, quatre langues vont connaître un essor littéraire important dès le 12ème siècle:
– La langue d'oc dont l'influence dépassera largement le midi de la France: troubadours catalans et d'Italie du nord s'y exerceront et Dante lui-même pensera l'utiliser. Au 13ème siècle, après la croisade contre les Albigeois, cette culture sera complètement ruinée.
– La langue d'oïl, celle des trouvères qui sera aussi celle des Plantagenêts en Angleterre et des Angevins en Italie du sud
– L'allemand des minnesänger, très homogène de la Bavière à la Baltique, en dépit des différences dialectales pourtant importantes dans les pays germaniques.
– Les poètes de Castille, d'Aragon, du Léon et de Galice utiliseront eux le galicien, ancêtre du portugais moderne.


Les Chansons

1. Cerveri de GIRONA. Aisso es viadera   [1:47]
viadera - 13ème siècle - Barcelona, Bibl. de Cataluña, codex 146.
Chanson de marche au caractère popularisant inusuel dans la lyrique courtoise.
«Ne prenez pas ce mari, Jeanne délicate ! c'est un sot sans éducation ...»

2. Bernart de VENTADORN. Quan l'erba fresc' e·l fuelha par   [5:36]
canso - 12ème siècle - Paris BN fr.22543
Devant le renouveau de la nature, le poète exprime sa joie, mais le souvenir de sa dame dépasse en plaisir toutes les autres joies.

3. Jaufre RUDEL. Lanquan li jorn son lonc en mai   [7:24]
canso - 12ème siècle - Paris BN fr. 844 (musique) et fr.22543 (texte).
Au printemps, le poète est pris d'une nostalgie de l'Orient lointain et d'un amour inaccessible. Ce sentiment est encore accentué par une répétition obsessionnelle du mot «lonc»: loin, lointain. Le poème est emprunt d'un certain ésotérisme qu'il est difficile d'éclaircir.

4. Raimbaut de VAQUEIRAS. Ero'm requier sa costum' e son us   [4:22]
canso - fin 12ème siècle - Paris BN fr.22543.
Le poète est rempli de joie par l'amour qu'il partage avec sa dame. Dans le rituel courtois, il s'agit ici du témoignage d'un engagement réciproque.

5. Rei D. SANCHO. Ay eu coitada como viv' en gran cuydado   [1:45]
Fin 12ème siècle - Cantigas de amigo en Gallicien - Cancionero do Collegio dos Nobres (Bibl. del Real Pal. de Ajuda).
Une femme attend le retour de son ami parti en mer.

6. Martin CODAX. Mia yrmana fremosa   [2:19]
Cantigas de amigo en Gallicien - 13ème siècle - Collection privée Fac-similé: Barcelona, Bibl. centrale.
L'ami revient, une jeune femme s'adresse à sa saeur: «Allons vers de la mer, nous aimerons les flots!»

7. Neidhart von REUENTAL. Mirst von herzen leide   [2:33]
13ème siècle - Berlin Staatsbibl fo1.779 (actuellement à Tübingen).
Instrumental

8. RICHARD 1er «Cœur de Lion». Ja nuls om pres non dira sa razon   [5:08]
Rotruenge - fin 12ème siècle - Paris BN 846 (musique) et 12472 (texte).
Pièce écrite à l'occasion de sa captivité: appel au paiement de sa rançon. Le roi invoque, comme seule amie, sa demi-sœur Marie de Champagne. La version donnée ici est celle en langue d'oc, il en existe une autre en langue d'oïl.

9. ALFONSO X el Sabio. Maravillosos   [4:15]
13ème siècle - cantigas de Santa Maria - virelai - Madrid Escorial 1.
Une vision très «médiévale du miracle: l'enfant Jésus d'une statue de la Vierge s'adresse à un jeune garçon et lui dit «vient manger avec moi!» Rassuré par la Vierge, il accepte et meurt.

10. Perrot de BELMARCHAIS. Douce Dame, ce soit sans nul nomer   [4:47]
Jeu parti - début 13ème siècle - Paris BN fr. 844.
Le poète débat avec une dame: «Dame préférez-vous un chevalier courtois mais peu courageux ou bien un preux mal élevé?» - «Par Dieu! Perrot, c'est le second qui me convient ... »

11. Charles d'ANJOU. La plus noble emprise qui soit   [5:32]
lai - milieu 13ème siècle - Paris BN fr. 844.
Salut d'amour dans un style hautement aristocratique.

12. Neidhart von EUENTAL. Wol dir liebe summerzeit   [2:44]
13ème siècle - Berlin Stadtbibl fol.779 (actuellement à Tübingen)
Instrumental

13. Anonyme. Volez vous que je vous chant   [2:21]
son d'amour - 13ème siècle - Paris Arsenal 5198.
L'amour apparaît à un chevalier sous forme d'une femme d'apparence magique.

14. Blanche de CASTILLE. Amour ou trop tard me sui pris   [5:28]
13ème siècle - chanson mariale en forme de rotruenge - Paris BN fr 21677.
Le volet pieux de l'amour courtois: la Vierge devient l'objet des prières d'amour.

15. «Pseudo NEIDHART». Meienzit   [5:32]
13ème siècle - chanson de mai - Berlin Staatsbibl fol.779 (actuellement à Tübingen).
Thème humoristique: tout à son inspiration printanière, le poète contemple avec effroi et désolation la conduite brutale envers une dame de chevaliers ignorant tout de la courtoisie. La mélodie offre un des rares exemples de mode pentatonique dans la musique occidentale.

16. Neidhart von REUENTAL. Winter wie ist nu dein kraft   [2:42]
13ème siècle - chanson de mai - Berlin Staatsbibl fo1.779 (actuellement à Tübingen).
L'hiver n'a plus de force, le mois de mai a brisé sa lance sur lui ...

17. Walther von der VOGELWEIDE. Nu alrest lebe ich mir werde   [5:19]
début 13ème siècle - Chanson de croisade - Münster Ms VII. 51.
Contemplation de la beauté de la Terre Promise. La construction de cette chanson est assez proche de celle de «Lanquan li jorn» de Jaufre Rudel, tant sur le plan musical que sur le plan poétique.

18. Neidhart von REUENTAL. Sinc eyn gulden boen   [3:34]
13ème siècle - Manuscrit de Colmar D-Mbs Cgm 4997.
Instrumental.



Les Compositeurs

Certains des poètes illustrés par le présent enregistrement ont eu un rôle mineur dans le paysage littéraire de leur époque, les poèmes qui leurs sont attribués sont peu nombreux, c'est le cas du roi de Castille Sancho IV, de Blanche de Castille, reine de France et mère de Saint Louis, du trouvère normand Perrot de Belmarchais et du poète gallicien Martin Codax. D'autres, au contraire, ont marqué fortement l'environnement intellectuel de leur temps, soit par l'abondance de leurs oeuvres soit par leur statut de mécène et de protecteur des arts.

Cerveri de Girona - troubadour catalan - deuxième moitié du 13ème siècle.
Troubadour catalan dont le vrai nom est Guilhem de Cervera. Poète officiel de la cour d'Aragon, il laisse une oeuvre très abondante et très variée.

Bernart de Ventadorn - troubadour de Corrèze - deuxième moitié du 12ème siècle.
Considéré comme le «prince» des troubadours, il est, d'après sa «vida» le fils d'un domestique du château de Ventadour. Initié au «trobar» par le vicomte Ebles II le «Chantador», il s'enamoura de sa femme et, surpris, fut chassé. Il rentre au service d'Aliénor d'Aquitaine qu'il suivra en Angleterre. Il finira ses jours dans un monastère.

Jaufre Rudel - troubadour aquitain - Seigneur de Blaye (Gironde) - milieu XIIème siècle.
Il partit pour la croisade en 1147 et n'en revint probablement pas. Son oeuvre, inspirée par l'amour d'une princesse lointaine: «la comtesse de Tripoli d'après sa «vida» est empreinte d'un certain romantisme. Elle a suscité de très nombreuses interprétations.

Raimbaut de Vaqueiras - troubadour de Provence - (circa 1155-1202).
Fils d'un pauvre chevalier, originaire du château de Vaqueiras (Vaucluse). Il se fixe en Italie du nord et rentre au service du marquis Boniface II de Monferrat, il deviendra «amant courtois» de sa soeur, Donna Béatrix. Il accompagnera son maître en orient à plusieurs occasions et on perd sa trace au cours de la quatrième croisade (1202). Poète brillant, admiré de Dante, il sera un des artisans de l'exportation du «trobar» et de la langue d'oc.

Richard 1er «Coeur de Lion»
(1157-1199) - Fils d'Aliénor d'Aquitaine, demi-frère de Marie de Champagne, elle-même demi-soeur de Philippe Auguste roi de France, le roi d'Angleterre est de culture et de langue française (d'oc et d'oïl). Il a été chanté par de nombreux troubadours.

Alfonso X el Sabio (1223-1284) - Roi de Castille et du Léon, il est musicien, poète et savant. Il a laissé un des trésors de l'art musical ibérique: 400 cantigas de Santa Maria écrites en Gallicien.

Charles d'Anjou (1226-1285) - Roi de Naples et de Sicile, Comte d'Anjou et de Provence, ce frère cadet de Saint-Louis passe pour avoir été un prince cruel mais il fut aussi un grand protecteur des poètes, tant de langue d'oïl que de langue d'oc. Il est le commanditaire probable du manuscrit 844 de la Bibliothèque Nationale à Paris et aussi du «Jeu de Robin et Marion» d'Adam de la Halle.

Neidhart von Reuental - «Pseudo Neidhart»
(circa 1180-1250)
Le plus authentiquement germanique et le plus original des minnesänger: son oeuvre est très inspirée par la danse et les textes sont emprunts d'un certain réalisme très éloigné de la «fin'amor» troubadouresque. Il semble y avoir eu de nombreuses imitations des chansons de Neidhart, dans les manuscrits, elles portent souvent la mention «pseudo Neidhart».

Walther von der Vogelweide
(circa 1170-1230)
De naissance noble, il mènera longtemps la vie d'un jongleur itinérant. Par son inspiration raffinée, le nombre des genres poétiques qu'il a illustré, sa connaissance de la littérature courtoise du reste de l'Europe, il est l'un des poètes majeurs de l'âge d'or du Minnesang.

GUY ROBERT






Fostered by the troubadours of the late 11th century, court lyric poetry spread throughout Europe in the 12th century. Its development corresponds with the cultural commitment to search for an independent, non-confessional culture and language, independent of the Latin tradition and the clerics, based upon the high point of feudalism at that time. Marriage ties among the great families of Europe contributed in no uncertain way to this phenomenon.

This poetry among those of high standing incorporated themes, above all, in the sphere of the "Fin'amor" and "Cortezia." Of consequence, the "Amour Courtois" and "Minne" contributed to the forming of a play which allowed the showing off of his good breeding and the defining of a way of life based upon refinement and elegance.

In this play four languages allow the enormous literary rising of the 12th century be seen.

— The "Langue d'oc" whose influence reached far beyond central France: the Catalan and north Italian troubadours used it, and even Dante considered making use of it. In the 13th century, after the crusade against the Albigenser, this culture demised completely.

— The "Langue d'oïl", the language of the troubadours, which was also used by the Plantagenêts in England and the Angevins in southern Italy.

— The German of the Minnesingers, which was uniformly prevalent from Bavarian to the Baltic, and very important in the Germanic countries, despite differences in dialect.

— The poets from Castile, Aragon, Léon and Galicia used Galician, a forerunner of the modern Portuguese language.


The Songs

[01] Cerveri de Girona: Aisso es viadera
Viadera — 13th century — Barcelona, Bibl. de Cataluña, Codex 146.
A popular march song, actually of an abnormal character for court lyric poetry.
"Don't take this one for a husband, tender Jeanne! That is a fool without breeding."

[2] Bernart de Ventadorn: Quan l'erba fresc'e·l fuelha par
Song — 12th century — Paris Bibl. Nat. fr. 22543
The poet expresses his joy at the reawakening of nature, whereby the memory of his lady transcends all of the joy of his pleasure.

[3] Jaufre Rudel: Lan quan li jorn son lonc en mai
Song — 12th century — Paris Bibl. Nat. fr. 844 (music) and fr. 22543 (text).
The poet is gripped by a yearning for the distant Orient and an unfulfilled love. This feeling is especially accentuated by a penetrating repetition of the word "lonc" (far, distantly remote). The poem is rich in esoteric which is difficult to define.

[4] Raimbaut de Vaqueiras: Era'm requier sa costum'e son us
Song — end of the 12th century — Paris Bibi. Nat. fr. 22543
The poet is filled with the joy of love that he shares with his lady. As was usual in court life, this is a witness to a reciprocal relationship.

[5] Rei D. Sancho: Ay eu coitada como viv' en gran cuydado
End of the 12th century — Cantiga de amigo en Gallicien
Cancionero do Collegio dos Nobres (Bibi. de real pal. de Ajuda)

A woman awaits the return of her friend who has gone to sea.

[6] Martin Codax: Mia yrmana fremosa
Cantiga de amigo en Gallicien — 13th century — private collection
Facsimile: Barcelona, Bibl. centrale

As the friend returns, a young woman calls to her sister: "Let us go to the sea, we love the waves."

[7] Neidhart von Reuental: Mirst von Herzen leide
13th century — Staatsbibl. Berlin fol. 779 (currently at Tübingen).
Instrumental piece.

[8] Richard I "Lionhear": Ja nuls om pres non dira sa razon
Rotruenge — end of the 12th century — Paris Bibi. Nat. fr. 846 (music) and fr. 12427 (text)
A piece that he wrote in prison and in which he asks for the payment of his ransom. The king pleads with his half sister, Marie de Champagne, his only friend.

[9] Alfonso X el Sabio: Maravillosos
13th century — Cantigas de Santa Maria — Virelai — Madrid Escorial 1
A very "medieval" vision of a miracle: the Child Jesus on a statue of the Virgin turns to a young man and speaks to him: "Come with me and eat." Pacified by the Virgin, he accepts and dies.

[10] Perrot de Belmarchais: Douce dame, ce soit sans nul nomer
Playful dialogue — beginning of the 13th century — Paris Bibl. Nat. fr. 844
The poet discusses with a lady: "Noble lady, would you favour a courtier, even though not a very brave knight, or prefer a brave one when he has no breeding?" "Oh, God! Perrot, it is the second that is right for me."

[11] Charles d'Anjou: La plus noble emprise qui soit
Lai — middle of the 13th century — Paris Bibi. Nat. fr. 844
A highly aristocratic greeting of love.

[12] Neidhart von Reuental: Wol dir liebe summerzeit
13th century — Staatsbibl. Berlin fol. 779 (currently at Tübingen)
Instrumental piece.

[13] Anonymous: Volez vous que je vous chant
Son d'Amour — 13th century — Paris Arsenal 5198
Love reveals itself to a young knight in the figure of a woman with a magical appearance.

[14] Blanche de Castille: Amour ou trop tard me sui pris
13th century — wedding song in the form of a Rotruenge — Paris Bibl. Nat. fr. 21677
The devout side of court love: the virgin becomes the object of love pleas.

[15] "Pseudo Neidhart": Meienzit
May song — 13the century — Staatsbibl. Berlin fol. 779 (currently at Tübingen)
Humorous theme: utterly surrendered to his spring-like inspiration, the poet views with horror and misery the inconsiderate handling of a knight's lady who has turned away from court life. The melody offers one of the few examples of the pentatonic modus in the musical tradition of the west.

[16] Neidhart von Reuental: Winter wie ist nu dein kraft
13th century — May song — Staatsbibl. Berlin fol 779 (currently at Tübingen)
The winter has no more power, the month of May has broken its lance over it.

[17] Walther von der Vogelweide: Nu alrest lebe ich mir werde
Beginning of the 13th century — Crusade song — Münster Ms VII. 51
Reverie of the loveliness of the promised land. The musical as well as the poetic construction of this song is similar to the "Lanquan li orn" by Jaufre Rudel.

[18] Neidhart von Reuental: Sinc eyn gulden boen
13th century — Manuscript from Colmar D-Mbs Cgm 4997
Instrumental piece.


The Composers

Some of the important poets in these recordings had a slight position of value in the literary landscapes of their epochs, and the poetic works attributed to them are not very numerous: this includes the King of Castille Sancho IV, Blanche de Castille, the Queen of France and mother of Saint Louis, Trouvère Perrot de Belmarchais from Normandy, and the Galician poet, Martin Codax. The others, however, left clear traces in the intellectual surroundings of their time, either through the richness of their works, or through their position with a patron and protector of the arts.

Cerveri de GironaCatalan troubadour — second half of the 13th century. His real name is Guilhem de Cervera. He was the official poet at the court of Aragon, and left a very rich and varied work in its entirety.

Bernart de VentadornTroubadour from Corrèze — second half of the 12th century. As "Prince" of the troubadours he is — according to his "Vida" — the son of the lord of the manor of Ventadour. After beginning as a "Trobar" with Viscount Ebles II, the "Chantador", he fell in love with his wife and was immediately sent away. He entered the service of Aliénor d'Aquitaine, whom he followed to England, where he ended his days at a monastery.

Jaufre Rudel Aquitain troubadour — Lord of Blaye (Gironde) — middle of the 12th century. He took part in the crusade of 1147, and apparently never returned. His work is inspired by the love of a distant princess: according to his "Vida" the Duchess of Tripoli had rather romantic leanings. She inspires too many interpretations.

Raimbaut de VaqueirasTroubadour from the Provence — (around 1155-1202). As the son of a poor knight he came from the castle of Vaqueiras (Vaucluse). He settled in northern Italy and entered into the service of Marquis Boniface II de Monferrat, and was the "Amant Courtois" of his sister, Donna Béatrix. He accompanied his master to the Orient on various occasions, and trace of him became lost during the fourth crusade (1202). As a brilliant poet, who was admired by Dante, he was among the artists who contributed especially to the spreading of the "Trobar" and the "Langue d'oc".

Richard I "Lionheart" (1157-1199) — son of Aliénor d'Aquitaine, half-brother of Marie de Champagne, who was, in turn, the half-sister of Philippe Auguste, the King of France. As the King of England, Richard felt attached to the French language and culture. His songs were sung by many troubadours.

Alfonso X el Sabio (1223-1284) — As King of Castille and Léon, he was a musician, poet and academic. He left us some of the gems of Spanish musical art: 400 "Cantigas de Santa Maria", written in Galician.

Charles d'Anjou (1226-1285) — as King of Naples and Sicily, Count of Anjou and the Provence, this younger brother of Saint-Louis is said to have been a brutal prince, but also a great protector of the poets, and equally so, the "Langue d'oïl" and the "Langue d'oc". He apparently provided significant finance for the Manuscript 844 in the Paris Bibliothèque National, and also the "Jeu de Robin et Marion" by Adam de la Halle.

Neidhart von Reuental — "Pseudo Neidhart"(around 1180-1250). We have here the most authentic and original of the Minnesingers: his work is much inspired by the dance and his texts are marked by a certain realism, which is far removed from the "Fin'amour' of the troubadours. The manuscripts lead us to assume that Neidhart's songs were often imitated or copied — such cases were just as often known as "Pseudo Neidhart".

Walther von der Vogelweide (around 1170-1230). Of aristocratic birth, he long led the life of a travelling juggler. Due to his refined inspiration and the great variety of literary genres that he had illustrated, and his knowledge of court literature from the rest of Europe, he was among the most important poets of the golden age of the golden age of the Minnesingers.
Translation: Lawrence Brazier

Text: GUY ROBERT
Translation: Lawrence Brazier






Ancient Music on ancient instruments is to be heard in original Medieval, Renaissance and Baroque concert halls. This contributes to the special delight and overwhelming success of the Landshut Court Music Days produced by the City of Landshut and the BMW Cultural Programme. Since 1982 the best and most interesting soloists, ensembles, and commedia dell'arte groups have met at this European Festival of Ancient Music. They have played to such themes as "Love, Desire, and Passion" (1990) or "Dream of the South" (1998) from music of the 10th to 18th centuries, creating an experience that embraces all of the senses. The picturesque old city, Trausnitz Castle, and the peripheral programme that includes other art forms, takes an important part. Ancient Music is seen here as forward-looking: new concert forms, finding old, and at the same time, new ways of listening, and links with the music of our time, all ignited the enthusiasm of the public at the Landshut Court Music Days.

"Cultural dialogue, a forerunner for other festivals, a marked pleasure of the senses."
(Roman Herzog, President of the Federal Republic of Germany)







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